Mises en garde d’un conférencier contre les dangers des poussières combustibles

Le 11 août 2015

En 2012, deux hommes ont perdu la vie et 19 ont subi des blessures, dont certains ont été atteints de brûlures graves, lorsqu’une explosion est survenue dans une usine de transformation du bois à Burns Lake, en Colombie-Britannique.

Deux mois plus tard, deux hommes ont été tués et 22 blessés à la suite d’une explosion à une scierie à Prince George, en Colombie-Britannique.

L’an dernier, 75 personnes sont décédées et 185 ont subi des blessures dans une explosion à une usine de pièces de General Motors en Chine.combustible dust graphic Fr

Le facteur commun dans tous ces cas : les poussières.

Des particules de métal ou de bois minuscules sont des sous-produits du processus de fabrication. Cela ne prend qu’une étincelle pour faire exploser un nuage de ces particules. Il suffit d’environ 3 mm de poussières, soit l’épaisseur d’une pièce de dix cents, pour produire des conditions mûres pour une catastrophe.

« Nous disons aux gens de prendre une poignée de poussières dans la paume de leur main et de souffler dessus. Si les poussières demeurent suspendues dans l’air, il s’agit de poussières combustibles », a expliqué John Bachynski, un ingénieur comptant plus de 30 années d’expérience et travaillant à Halifax.

« Peu importe la taille de l’atelier, il est possible de produire assez de poussières dans un atelier de menuiserie ou une petite usine de fabrication pour créer une bombe incendiaire ou une explosion catastrophique. »

M. Bachynski figurera parmi les nombreux conférenciers à la Conférence sur la santé et la sécurité de Travail sécuritaire NB, qui se déroulera du 7 au 9 octobre, au Palais des congrès de Fredericton. La conférence, soit la plus importante du genre au Nouveau-Brunswick, comptera 31 ateliers ainsi qu’une exposition commerciale, où des exposants mettront en montre leurs plus récents produits et pratiques de santé et de sécurité.

M. Bachynski conseille aux lieux de travail industriels de gérer les poussières.

Pour qu’une explosion se produise, cela ne prend que cinq éléments : suffisamment de poussières, une source d’ignition, un dérangement pour projeter les particules de poussières dans l’air, le confinement des poussières (comme un bâtiment) et de l’oxygène. Le fait de ne supprimer qu’un seul élément servira à éliminer le risque.

« Il n’y a que la quantité de poussières que vous pouvez maîtriser », a-t-il précisé. « Voilà la seule protection contre une explosion. »

Cela ne prend pas beaucoup de poussières. M. Bachynski relate l’histoire d’un travailleur de l’Oregon qui était debout sur une plate-forme de travail élevée pour remplacer une ampoule fluorescente suspendue au plafond. Lorsqu’il a essayé de tourner l’ampoule, cette dernière a cassé et s’est détachée de la douille. Par accident, le travailleur a frappé le couvercle de l’ampoule, qui était aussi recouvert de poussières. Les poussières sont demeurées suspendues dans l’air et la douille a agi comme une source d’ignition.

« Une boule de feu a été produite », a précisé M. Bachynski. « Lorsque le travailleur a été envahi par les flammes, il a activé le levier de commande sur la plate-forme, ce qui a fait que la table élévatrice a frappé le mur, qui contenait encore plus de poussières. »

Le travailleur est décédé des suites des blessures qu’il a subies.

« Si vous avez plus d’une poignée de poussières dans votre usine, vous en avez assez pour tuer quelqu’un », a-t-il expliqué. « C’est une question d’entretien ménager. La seule méthode de prévention, c’est d’éliminer la cause. »

 

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