Combattre la chaleur estivale

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Depuis le mois d’août 2009, sept réclamations avec interruption de travail ont été présentées à Travail sécuritaire NB en raison du stress dû à la chaleur.

Si la condition n’est pas traitée, elle peut s’aggraver en peu de temps. Cette situation peut provoquer des crampes de chaleur et un épuisement par la chaleur, voire un coup de chaleur qui pourrait être mortel. 

D’après un hygiéniste du travail de Travail sécuritaire NB, Roberto Sgrosso, ces symptômes peuvent être évités en grande partie à l’aide d’une bonne planification. Il recommande que les employeurs rencontrent leur comité mixte d’hygiène et de sécurité à intervalles réguliers pour passer en revue leurs obligations juridiques. 

« L’employeur et le comité mixte devraient être en mesure d’élaborer et de mettre en œuvre un plan d’intervention afin de réduire les effets du stress dû à la chaleur au lieu de travail. Le plan devrait traiter des horaires de travail et de repos; du remplacement de l’eau et des électrolytes; et d’autres méthodes de contrôle comme des heures de travail différentes, des méthodes de refroidissement et des systèmes du copain. » 

Selon M. Sgrosso, le plan devrait également porter sur les exigences quant à la formation des employés, et expliquer comment reconnaître les signes et les symptômes du stress dû à la chaleur. 

« Il devrait préciser les mesures de contrôle ainsi que la personne qui prend la température. De plus, il doit également indiquer la fréquence à laquelle on doit prendre les mesures et comment cette information est communiquée à tous les employés. » 

M. Sgrosso a ajouté que les personnes qui travaillent à l’intérieur dans un environnement chaud ou humide sont tout aussi à risque que celles qui travaillent à l’extérieur. Ces travailleurs comprennent les cultivateurs, les travailleurs de la construction, les planteurs d’arbres, les sauveteurs et les peintres. Cet environnement comprend les boulangeries, les cuisines de restaurant, les fonderies, les buanderies et les usines de papier. 

Les employeurs et les travailleurs ont tous deux un rôle à jouer afin d’assurer des conditions de travail sans danger pour les travaux effectués à la chaleur et au soleil. Ils doivent être au courant des risques et prendre les précautions qui s’imposent. Les meilleures pratiques peuvent être résumées en cinq sujets clés : la sensibilisation; les horaires de travail; l’hydratation et l’alimentation; la supervision; et la protection individuelle. 

Trois principaux types de stress dû à la chaleur
Qu’ils travaillent à l’intérieur ou à l’extérieur pendant les chauds mois d’été, les travailleurs doivent écouter leur corps, et apprendre à reconnaître les trois principaux types de stress dû à la chaleur ainsi que leurs symptômes, c’est-à-dire : 

Planification du travail en fonction des heures les plus fraîches
En plus de rehausser la sensibilisation envers la prévention des maladies liées à la chaleur, des stratégies administratives peuvent également être utiles. Selon M. Sgrosso, il peut être relativement facile de prévoir des travaux lourds pendant les heures plus fraîches et d’assurer que les travailleurs prennent suffisamment de pauses à l’abri du soleil. 

« Si vous avez un endroit climatisé à votre lieu de travail pour prendre une pause, c’est parfait. Cependant, pour les personnes qui travaillent à l’extérieur, il pourrait suffire de monter une bâche pour fournir aux travailleurs un endroit où ils peuvent se reposer à l’ombre, et leur offrir une boisson froide ou de la nourriture pour qu’ils puissent se rafraîchir. » 

Maintien d’une bonne hydratation corporelle
En travaillant dans des conditions de température élevée, il est essentiel de bien s’hydrater. Conformément au Règlement général 91-191 établi en vertu de la Loi sur l’hygiène et la sécurité au travail, les employeurs sont tenus de s’assurer que de l’eau potable est disponible et facilement accessible. Bien qu’il ne soit pas prévu par la loi, certains employeurs offrent des sachets d’électrolytes qu’on peut ajouter à l’eau pour assurer un équilibre nutritionnel. Selon M. Sgrosso, il faut faire preuve de bon sens. 

« Si un travailleur transpire abondamment, il perd des liquides et des éléments nutritifs qui doivent être remplacés. Des collations simples et des liquides comme de l’eau, du jus de fruits ou des boissons pour athlètes sont tous de bons choix, mais évidemment, on devrait éviter la caféine et l’alcool. » 

Des études démontrent que les travailleurs qui maintiennent une bonne hydratation et un bon niveau nutritionnel ont un meilleur rendement et subissent moins de conséquences négatives à la suite d’une exposition à la chaleur et au soleil. 

Supervision pour dépister des signes de détresse
Même à l’aide d’éducation et d’hydratation, il se pourrait qu’un travailleur ne reconnaisse pas le stress dû à la chaleur. Étant donné que l’un des premiers symptômes est l’altération du jugement, les travailleurs en détresse pourraient ne pas le réaliser. 

« Voilà pourquoi les lieux de travail ont besoin d’une personne compétente sur place pour reconnaître les symptômes chez les travailleurs exposés à la chaleur extrême et les conseiller sur les précautions à prendre. Les employeurs devraient aussi établir un système du copain pour que les employés puissent se surveiller les uns les autres. » 

Les précautions à prendre sont notamment de porter des vêtements et chapeaux appropriés. Pour les personnes qui travaillent dehors, de la crème solaire ainsi que des lunettes de soleil ou lunettes de sécurité avec protection UV sont de mise. 

Heureusement, la grande majorité des entreprises se conforment à ces meilleures pratiques. Le fait que les employeurs et les travailleurs prennent au sérieux les risques liés aux travaux effectués à la chaleur et au soleil est un bon signe. Il s’agit d’une indication d’un avenir plus sain et plus sécuritaire pour la main-d’œuvre de la province. 

Conseils pour prévenir la surexposition à la chaleur et au soleil

 

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